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Online (20 dern mn): 33 IP 38.107.179.224 , 11-02-2012 17:26 |
| Le Ratelier Pirate |
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| Mardi, 24 Mars 2009 20:29 |
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Je n’aurais jamais pensé un jour en arriver là, moi le petit paysan des terres boueuses du Royaume, à culbuter les pierres du port d’Ahrmak en attendant mon sort. La bourse arrachée par un citadin avait vite fait de m’apprendre ma première leçon : en ville, ne fais confiance à personne. J’avais quitté la ferme qui périclitait pour trouver n’importe quelle occupation capable de remplir mon estomac : commis, serveur, apprenti… n’importe quoi qui m’aurait permis de ne pas pourrir à la campagne. Le cycle des saisons et les paysages verts et gris m’étouffaient, et mon père me disputait souvent alors que je laissais les moutons paître bien trop loin de l’enclos ; je rêvais à une autre vie, d’aventure et de luxe, loin du foin et de la chaleur mollassonne du feu de cheminée des soirs d’hiver.
C’est alors que j’ai entendu pour la première fois la voix grave qui allait me suivre les quatre prochaines années de ma vie sur mer : « Les affaires marchent pas comme tu veux, fiston ? ». Le mastard à la barbe blanche qui me faisait face lorsque je me retournais n’avait rien d’un des nombreux camelots du port : cheveux en bataille retenus par un large foulard rouge, peau brûlée par le soleil et odeur enivrante d’épices et de rhum, le visage barré par une large cicatrice et l’oreille percée d’une boucle d’or scintillante. Je n’ai jamais su pourquoi Uriel m’avait eu à la bonne, mais je me rappelle clairement avoir vu défiler ma vie devant mes yeux lorsque qu’il m’a proposé de monter à bord de son navire. Et pas n’importe lequel ! La Veuve Potence avait l’une des pires réputations de la côte et les marins déguenillés et crasseux qui en descendaient, les poches de leurs pantalons flottants pleines de doublons, faisaient mourir d’un regard le mot que chacun avait en tête – pirates. Lorsqu’il m’emmena à la taverne pour y boire un verre « en bonne compagnie », je tremblais comme une feuille. Je passai la nuit à l’écouter raconter ses souvenirs de vieux briscard et retrouvai mon calme rêveur en me gorgeant de ses récits : on y parlait d’aventures, de filles accueillantes aux corps dorés et de richesses à en faire pâlir le roi d’Agman lui même ; je fus conquis ! Il sortit une feuille jaunie de sa chemise de toile et me la glissa avec un clin d’œil : « en cas de problème avec la milice du port, ça te dédouanera peut-être ! ». Le papier stipulait que j’avais été enrôlé de force et que toutes les actions illégales que je risquais de commettre avaient été exécutées sous la contrainte. Une bonne aubaine lorsque l’on connaissait le sort des flibustiers qu’on arrêtait, et dont les corps pendus étaient exposés à l’entrée des ports.
Le foulard : Les couvre-chefs des pirates sont identiques à la plupart des chapeaux de marins de leur époque : bonnets de grosse laine ou foulard sont les plus communs. Leur utilité est multiple : ils protègent des rayons du soleil qui peuvent s’avérer dangereux sur les mers chaudes, tiennent la tête au sec pendant les intempéries et empêchent les cheveux longs de se mettre dans les yeux pendant les grands vents et les manœuvres. Les foulards de couleurs criardes ont un autre but : si un homme tombe à la mer, il sera plus facilement repéré de cette manière. Les anneaux d’oreille : Contrairement à la légende, il est rare de voir des pirates bardés de bijoux, et surtout de bagues. Ils gênent les manœuvres, peuvent occasionner des blessures et sont souvent conservés comme monnaie d’échange plus que comme décoration (par exemple les Wampum, des colliers ou ceintures de billes tressées qui servaient aux pirates d’Amérique du Nord(nombreux au Canada par exemple) à sceller symboliquement un accord). Seule exception à la règle, la boucle d’or, qui symbolise les fiançailles du marin avec la mer et sert à payer ses obsèques au cas où il viendrait à mourir loin de chez lui. Les pantalons flottants : Là encore, on s’éloigne de la légende des pantalons serrés des films d’Errol Flynn, plutôt portés à terre qu’en mer. Les pantalons de marins larges et s’arrêtant aux mollets (parfois maintenus par des boutons) permettent de ne pas se prendre les pieds dans les bas de son habit, tout en laissant une grande liberté de mouvement au marin pour les manœuvres difficiles. Les poches des pantalons étaient bourrées de morceaux de tissu, dont la couleur et la matière importaient peu, utilisés pour repriser les accrocs. Les ceintures étaient bien souvent des bandes de tissu (en soie pour les plus chanceux) faciles à détacher ou à trancher en cas de besoin. Beaucoup de pirates évoluent pieds nus sur le bateau pour une question de confort, mais l’histoire de ce bateau marchand ayant repoussé un abordage en brisant simplement des bouteilles sur le pont en convainquit plus d’un d’adopter des souliers plats. Le contrat : Bien souvent les pirates étaient recrutés de force ou après une nuit bien arrosée ; leur réveil à bord le lendemain ne se limitait pas à une interminable gueule de bois. Pourtant, conscients de l’importance du moral des troupes, beaucoup de capitaines proposaient des contrats signés de leur main qui dédouanaient leurs marins, en insistant sur le fait que leurs actes odieux avaient été réalisés sous la menace du commandant de bord, qui devait être pris pour unique responsable. Le cache-œil : En mer, il n’est pas rare de perdre un doigt, une main ou une jambe. Mais les accessoires tels que les cache-œil sont surtout destinés à différencier les pertes en combat et les pertes par accident. Les crochets sont rares mais ont pu servir de prothèses de substitution à bord parce qu’ils étaient simples à fabriquer en mer et fonctionnels, tandis que les jambes de bois, peu stables, signaient en général la fin de la vie maritime du pirate. Le paquetage : La branle du marin (son hamac) lui sert également de sac lors des retours à terre, et de coffre lors des pillages. Le pirate garde toujours sur lui une dague ou un couteau pliant pour les tâches quotidiennes et la nourriture. Les lames sont souvent épointées pour éviter les blessures. Parfois, une cuillère en corne fait partie du paquetage. Le tabac : A bord, il constitue le petit moment de détente des marins. Pendant les pauses on fume volontiers la pipe, le cigarillo ou, pour les plus pauvres, du tabac roulé dans une feuille (qui donna la cigarette plus tard), mais jamais en service : une étincelle sur la poudre ou le bois, et c’est le feu à bord. Contrevenir à cet ordre est sévèrement puni, mais les plus accros jettent leur dévolu sur la chique ou le tabac à priser. Les médicaments : Plus que l’or et les épices, les médicaments ont une valeur certaine pour les pirates, souvent rongés par les maladies vénériennes ou les fièvres tropicales. Même si on ignore leur usage, il est toujours possible d’enlever un médecin qui saura se montrer plus efficace. Les seringues, en particulier la redoutable seringue à urètre, sont également des objets de luxe. L’alcool : La boisson la plus courante à bord est la bière, rafraîchissante et peu enivrante. L’eau potable est souvent stockée dans de gros tonneaux mais se peuple rapidement d’une faune peu sympathique : bactéries, mousses et insectes peuvent rapidement la transformer en poison si elle n’est pas bouillie. Les alcools forts sont réservés au mouillage et à la vie à terre. Ils détendent le pirate dont les conditions de vie sont ardues et servent parfois de stimulant lors des manœuvres difficiles. Mélangé avec un peu de citron, les alcools blancs préviennent du scorbut, et servent également à nettoyer les plaies. Le Kill Devil, (du rhum mélangé à un fond de poudre à canon), sert souvent de rite d’initiation pour les jeunes flibustiers (il conviendra de se brosser les dents avant de fumer) La poire à poudre et la cartouchière : Souvent en corne, la poire permet de garder la poudre étanche pour l’armement des pistolets ou des mousquets. Les cartouches, dont le calibre diffère très souvent d’une arme à l’autre, sont souvent entreposées dans un petit étui personnel. Le sabre : Les pirates s’encombrent peu d’armes à fonction unique, qui prennent de la place sur le bateau et peuvent blesser si elles sont mal entreposées. Les sabres, comme le sabre d’abordage ou le cimeterre, font exception à la règle dans le sens où ils peuvent servir d’arme tout autant que d’outil, pour trancher les cordages gênants. Les épées, encombrantes et lourdes, sont peu présentes et les poignards les supplantent largement. Graisse et huile : La rouille menace sans cesse les armes des pirates, qui se doivent d’entretenir leurs armes en permanence. Un entretien négligé peut déboucher sur une mauvaise surprise dans la bataille, comme lorsqu’un sabre rouillé se brise contre une autre arme. La hache d’abordage : Toujours dans un esprit utilitaire, la hache est un outil intéressant à bord d’un bateau, pour couper un cordage gênant ou abattre un mât en cas de grand vent. Elle sert bien évidemment en période d’abordage comme arme maniable et efficace. Dans le même esprit, la machette, qui sert à débroussailler une fois à terre, fait une excellente arme improvisée. La pique d’abordage : Populaire, facile à construire et efficace, la pique d’abordage a très longtemps servi à bord : elle se range facilement le long du mât, sert à frapper à distance et à empêcher un abordage avec efficacité. Le grappin : Un bon abordage ne peut se faire sans le soutien d’un grappin solide : il servira d’arme et surtout forcera le bateau à rester à distance raisonnable tandis que les flibustiers courront sur la corde tendue dont il sera le point d’appui. Le pistolet à pierre : Malgré son manque de fiabilité, le pistolet à pierre est populaire à bord car il fait une excellente arme à courte distance, et est facile à transporter. On le porte généralement par paire, parce qu’il est plus rapide d’en avoir plusieurs chargés et prêts à l’emploi que de recharger en pleine bataille (Barbe Noire en portait constamment cinq sur lui !). Si le silex fait défaut ou que l’arme s’enraye comme c’est bien souvent le cas, la plupart d’entre eux sont tout aussi efficaces comme massues, et la crosse est parfois alourdie et taillée en circonstance. Les plus hardis y fixent parfois des baïonnettes ou une lame d’épée pour reconvertir l’arme une fois vide. Certains pistolets de type « poivrière » (plusieurs canon reliés en même temps) furent très prisés par les combattants des mers. L’espingole : Tromblon portatif pouvant être chargé avec n’importe quel type de projectile (certaines étaient chargées avec des harpons !), l’espingole fait le ménage sur un pont aussi sûrement qu’un fusil à canon scié. Utilisée avant l’abordage pour éviter les dommages collatéraux, elle reste une arme sûre et facile d’entretien. Grenades et bombes puantes : Composées de bouteille de verre ou de terre et fourrées de poix, d’huile, de soufre et de piment, les grenades sont souvent lancées juste avant l’abordage pour semer la panique, aveugler, blesser au maximum l’équipage adverse, et procurer un avantage psychologique indéniable. Le mousquet : Ce fusil à canon long est souvent utilisé par le meilleur tireur de l’équipage pour viser précisément les têtes pensantes de l’équipage adverse. En particulier s’il est posé sur sa fourche, le mousquet est plus précis que le pistolet ou l’espingole et surtout tire de beaucoup plus loin. Il est en revanche difficile de l’utiliser plus d’une fois avant l’abordage. Certaines versions à plusieurs canons fixés ensemble ont fait leur apparition mais leur poids les a rendu impopulaires auprès des marins, malgré leur redoutable efficacité. |














