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Online (20 dern mn): 20 IP 38.107.179.224 , 02-06-2012 19:44 |
| Fédérer le jeu de rôle, un travail d’Hercule ? |
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| Vendredi, 26 Juin 2009 19:12 | ||||
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Beaucoup de rôlistes s’impatientent ou ne comprennent pas la parcellisation de leur communauté, qui est aussi le revers de la médaille de son déclin (réel ou supposé). Fédérer nécessite en effet de dépasser un certain nombre d’obstacles inhérents à notre loisir préféré. Ce petit billet, qui sera (je l’espère) suivi de beaucoup d’autres, vise à communiquer sur ces difficultés et démontrer que sans la mobilisation de tous, la structure même du jeu de rôle joue contre nous. Premièrement, le modèle économique du jeu de rôle. Il n’aura échappé à personne qu’il est un vrai casse-tête pour économiste car il se rapproche de celui de l’information. Prenons la rédaction d’un grand journal, qui travaille jour et nuit pour un scoop. Sitôt ce « scoop » révélé, l’information appartient à tout le monde et les concurrents, en embuscade, peuvent la reprendre à loisir sans pour autant avoir investi du temps, des hommes et de l’argent dans l’enquête journalistique qui a permis de débusquer la pépite. Il en est de même en jeu de rôle : une fois le jeu de rôle acheté, il peut être communiqué, photocopié, utilisé et réutilisé à l’infini. Le modèle économique du jeu de rôle est même plus pervers puisqu’à la limite, on peut vivre dix ans en jouant avec le même livre de règles. En d’autres termes, le modèle économique de notre hobby, même s’il s’en approche, se différencie de celui du livre ou de l’information en cela qu’il est aisément diffusable sans recours à des processus de vente traditionnels et que la nouveauté n’est pas forcément nécessaire pour alimenter la communauté. Les éditeurs de jeu de rôle, en multipliant les « suppléments », les « rééditions » et les nouveaux jeux cherchent à lutter – consciemment ou non – contre cette faiblesse inhérente à un livre joué. Deuxièmement, le modèle social du jeu de rôle. Le jeu de rôle est un loisir collaboratif (1)(et non compétitif, comme aux échecs) et qui se pratique en petit groupe (2), sans public (3). Voici trois bonnes raisons qui expliquent sa diffusion très lente, puisqu’il est un organisme « cellulaire » : les cellules de jeu de rôle (les tables) ne se parlent pas ou communiquent très peu. Il n’est pas possible de pousser à la rencontre, puisque l’idée d’une « compétition » de jeu de rôle, d’un tournoi ou d’un classement est aux antipodes de l’essence même du hobby. Nos cousins du jeu de rôle grandeur nature n’ont pas ce problème : une « partie » de GN nécessite 40 à 100 joueurs, qui se déplacent. Vous pouvez jouer 10 fois au jeu de rôle sur table en un mois et rencontrer 3 personnes. Faites 10 GN et vous en connaîtrez 500. Là est la différence. Lorsqu’on croise ces deux diagnostics, on comprend mieux pourquoi notre communauté est spontanément centrifuge. Elle n’a pas de noyau parce qu’elle est capable de vivre sans centre, dans son coin. C’est une force lorsqu’il s’agit de survivre : le jeu de rôle ne disparaîtra jamais parce que, tel un foyer dans une cheminée, il suffira d’une brindille mal éteinte pour entretenir la flamme. C’est une faiblesse lorsqu’on veut fédérer : nul n’a besoin à titre individuel d’une quelconque fédération pour vivre son hobby et, compte-tenu de son modèle économique, les acteurs de « l’industrie » du jeu de rôle ne sont pas assez forts pour constituer une armature institutionnelle solide. Conclusion : c’est le secteur associatif qui est le plus adapté à notre loisir. J’en veux pour preuve les succès des organisations « amateures » (GROG, SDEN, Scénariothèque) et la disparition des institutions du secteur lucratif dans les années 90 (Casus Belli, éditeurs, etc…). Ce constat nous amène tout naturellement à parler de la FFJDR, qui est une association qui se donne pour objet social la fédération de tous les acteurs du jeu de rôle. Actuellement, et en l’absence d’acteurs privés plus fortunés, nous sommes les mieux armés pour servir de maison commune. Depuis 2006, nous avons revus nos statuts pour nous permettre d’accueillir tous les acteurs du jeu de rôle, y compris ceux du secteur privé, en sus des clubs et des joueurs. Simplement, nous ne sommes pas les maîtres du Jeu de rôle. Nous n’avons pas un TGCM (Ta Gueule, C’est Magique) pour imposer la fédération. Nous sommes une « auberge espagnole » au bon sens du terme : la FFJDR n'est que ce que les autres y apportent, mais grâce à son rôle centralisateur, elle démultiplie les atouts individuels. A la question : que nous apporte la FFJDR ? Nous répondons donc souvent en guise de boutade : rien, sauf ce que vous y apporterez vous-mêmes et dont nous ferons profiter l’ensemble de la collectivité. La FFJDR se positionne pour être en mesure de représenter la communauté, toute la communauté, rien que la communauté. A titre individuel, personne n’a besoin de nous. A titre collectif, nous avons tous besoin d’une maison commune. Voilà pourquoi la rénovation de notre hobby, si jeune et si décati par endroits, ne peut passer que par la mobilisation de tous. La Fédé ne peut rien faire à votre place, mais elle peut faire réussir ce que vous feriez sans elle, et en faire bénéficier les autres : c’est déjà beaucoup. Il faut sortir du réflexe commercial (quelle est la plus value ? combien ça rapporte ? Que m’offre… ?) parce que – et c’est l’objet de ce billet – le jeu de rôle n’est pas un hobby économiquement « normal ». Enrôlez-vous ! Julien Aubert |















